J’ai découvert le minimalisme il y a plus de 10 ans mais ce n’est pas pour autant que je suis immunisée contre les achats compulsifs. Face à un problème, j’ai encore le réflexe profondément humain de me tourner vers l’acquisition d’un bien qui pourra me sauver de l’inconfort causé.
Ce mois-ci, des amis nous ont invités à venir passer quelques jours chez eux en Ardèche (nous étant mon conjoint, nos deux fils et moi-même). Nous étions déjà allés chez eux et connaissions les équipements sur place. Lors de notre précédent séjour là-bas, nous avions apporté un matelas gonflable et un duvet pour notre aîné et il pouvait encore les utiliser cette année. À l’époque, notre plus jeune fils avait dormi dans son lit parapluie, or il était maintenant trop petit pour lui… Alors comment allions-nous faire cette année ?
Instantanément, j’ai pensé : “Il nous manque un couchage : notre bébé a grandi, lui aussi a besoin de son matelas gonflable et de son duvet.”
Illico, j’ai préparé un panier en ligne avec le même matelas que son grand frère (dont nous étions très satisfaits) et j’ai ajouté un sac de couchage aux tons assortis. Tout allait bien se passer, nous allions être enfin bien équipés !
Parce qu’instinctivement, acheter ce qui nous manquait était l’unique solution à notre problème. Et acheter neuf, c’était plus adapté (pareil que son frère, pas de jaloux), plus rassurant (”je suis une bonne mère qui équipe son fils avec des produits de qualité”).
Avant de cliquer sur “commander”, je me suis arrêtée. Cette soi-disant “unique solution” apporterait son lot de complications, je le savais. Mais peut-être qu’une autre solution était possible et… juste sous mon nez. J’ai pris un instant pour réfléchir et je me suis posé cette question : de quoi avions-nous réellement besoin pour ces vacances ?
De quelque chose pour que mon cadet puisse dormir quelques nuits au chaud et confortablement. Voilà le vrai besoin.
Pas de quelque chose de compact ou de “fait pour” voyager. Ça, c’était le faux besoin, les injonctions que je nous imposais.
Mon fils avait juste besoin d’une couette et d’un matelas. Comme la couette de son lit et le matelas de son petit lit que nous avons gardé et qui servait à amortir ses chutes la nuit.
Ce ne serait pas parfait, pas optimal, mais suffisant. Il dormirait au chaud sur un matelas confortable, et c’était le plus important.
Il y avait bien une autre solution et elle était juste sous mon nez depuis le début : faire avec les moyens du bord.
La réalité : une solution déjà disponible
Faire avec les moyens du bord pour renoncer à un achat compulsif présente de nombreux avantages.
Économiser de l’argent
Une dépense en moins aujourd’hui, c’est une opportunité supplémentaire pour le futur. Et l’effet cumulé de micro-achats avortés avant le paiement laisse place à de plus grands projets.
Alléger sa charge mentale
Pas de commande à passer, pas de colis à réceptionner, pas d’emballage à évacuer, pas d’objet à stocker après usage… Moins de décisions implique moins de stress et plus de sérénité. Au final, ne pas acheter devient plus facile que l’acte d’acheter.
Accepter l’imperfection logistique
Dans notre cas, nos valises n’étaient pas parfaites puisque les objets n’étaient pas optimisés pour voyager, mais au retour, j’étais tellement heureuse de ne pas avoir à gérer un nouvel équipement. L’inconfort du voyage a été temporaire, mais le confort du quotidien est préservé.
Sentiment de maîtrise plutôt que de consommation
Trouver des solutions alternatives, faire preuve de créativité et de libre arbitre est extrêmement valorisant. “Faire autrement” peut être intimidant. Sortir du moule est inconfortable, mais quel plaisir de se rendre compte de nos propres ressources et de notre indépendance à la société de consommation.
Changer de réflexe : du “mieux” au “déjà là”
Comme je le disais en introduction, la philosophie de vie minimaliste n’est pas nouvelle pour moi et pourtant je n’ai pas toujours le réflexe de me poser les bonnes questions. “Comment puis-je faire avec ce que j’ai ?” permet de désamorcer des coups de stress et d’éteindre l’alarme rouge qui hurle en continu “Pas assez, pas assez, pas assez !”
Nous avons très certainement assez. Valorisons la réutilisation de ce qui est déjà en notre possession, envisageons l’emprunt de ce qui manquerait de façon vitale, ou bien adaptons nos pratiques et nos attentes. Ne soyons plus dépendants à l’achat systématique.
Ce qui est “parfait” coûte cher, et pas seulement d’un point de vue financier. La contrepartie énergétique et mentale est d’autant plus importante, si ce n’est plus. Se contenter du “suffisant” nous libère d’un poids.
“Comment puis-je faire avec ce que j’ai ?”
Aurez-vous le réflexe ?

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